Bonjour,

retour sur mon premier coup de coeur livresque de l'année 2017.

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J'AGONISE FORT BIEN, MERCI d'Oren MILLER aux éditions de L'HOMME SANS NOM, 417 pages. Une très belle couverture avec un dessin superbe qui prend tout son sens en plus au cours de la lecture. Illustration qu'on doit à Emile DENIS.

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Résumé: 1950, Evariste FAUCONNIER est un notaire parisien ayant vécu au CONGO. Il est missionné en BRETAGNE pour régler la succession d'une de ses amies décédée prématurément. Il est épaulé par Isabeau LE DU, jeune commis originaire de la région. Leurs interactions avec les villageois et les deux enfants de Catherine vont leur faire comprendre que la mort de celle-ci est un meurtre auquel va vite s'ajouter d'autres morts horribles. Le peuple invisible semble en marche pour se venger des humains...

Verdict: je ne peux pas trop en dire car l'effet de surprise est omniprésent dans ce roman. On pense que l'auteur nous emmène vers une explication mais tout d'un coup, retournement de situation, non en fin de compte l'explication est toute autre. L'auteur a le talent de nous faire croire qu'on a la solution en mains mais en fin de compte la vérité n'est pas celle qu'on croyait.

On navigue entre légendes bretonne et folie collective. Ce mélange détonnant donne un ensemble assez particulier que j'ai adoré découvrir.

Isabeau est un jeune homme assez naïf, ayant vécu son enfance dans des orphelinats. Il se voit proposer un travail d'aide auprès d'un notaire dans une ville de BRETAGNE. Il découvre très vite que son patron est assez fantasque. Il a la capacité de retenir tout ce qu'il entend et voit et de les mettre dans des tiroirs (cela rappelle un célèbre détective et ses cellules grises évoqué d'ailleurs au décours des pages). Evariste ouvre ainsi ces tiroirs au fil de leur enquête et arrive enfin à la résolution du mystère.

Les enfants de Catherine, Dorian et Agathe, Camélia l'herboriste du village et d'autres personnages haut en couleurs viennent accompagner ce couple atypique.

Dans ce récit je retrouve un peu le couple LACASSAGNE- BERTILLON de LA 25EME HEURE. Isabeau semble effacé au début du récit face à la personnalité très forte de son patron mais il va peu à peu prendre son importance et s'avérer un partenaire efficace et ayant du répondant sur son patron. Il va peu à peu prendre son autonomie tout en suivant de manière plus ou moins consentante Evariste dans ses recherches frôlant souvent l'illégalité. il est souvent perdu par les conversations assez sarcastiques de son patron mais va peu à peu s'y habituer et avoir de plus en plus de répondant donnant lieu à des joutes verbales jubilatoires.

Nous nous retrouvons plongés dans l'atmosphère d'après-guerre dans un village breton encré dans ses traditions et ses légendes. Ce que va découvrir nos deux héros dépasse l'horreur. L'auteur nous mène lentement vers cette résolution, elle nous laisse quelques indices mais pourtant la surprise est totale car le récit est aussi truffé de "fausses pistes" qui pourtant aident à la résolution.

Je recommande à qui aime les enquêtes policières atypiques, les héros charismatiques et hors norme, les histoires qui semblent être simples mais qui en fin de compte s'avèrent bien plus complexes qu'elles n'y paraissent, les légendes rurales...

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Je termine avec un des échanges entre Evariste et Isabeau. Le roman en est truffé. Malgré le sujet dramatique du récit je me suis surprise plus d'une fois à sourire à la lecture de leurs échanges souvent hors du temps.

Salut et à demain.