Bonjour,

je vous reviens avec le livre que j'ai choisi ce mois ci pour l'évènement UN MOIS, UNE MAISON, UN LIVRE consacrée aux éditions UNDERGROUND. Hasard heureux j'avais de toute façon prévu de le lire en début de vacances car il parle d'un sujet difficile et je ne voulais pas le lire pendant des jours de travail. Le soucis est de maintenant en dire ce que j'en pense et je sens que l'écriture va être ardue comme la lecture a été éprouvante. Je vous explique de suite pourquoi.

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JE SUIS UN MONSTRE est un roman de Keren NOTT aux éditions UNDERGROUND, 347 pages. J'en fais un court résumé ensuite mais essayez de ne pas le lire si vous pouvez car la quatrième de couverture est pour moi parfaite car elle ne dit absolument rien de ce que contient le livre et c'est juste parfait pour se plonger dans cette lecture atypique.

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Résumé: Edselias GREAPER est un jeune adolescent asocial au passé et à la vie douloureuse avec une famille dissonante. Une mère toxicomane et aux limites de la prostitution qui dès sa naissance ne prend pas soi de lui. Elle ne le garde que pour l'argent que lui donne l'Etat. Elle se met en couple avec un ivrogne qui n'hésite pas à frapper et à se rendre coupable d'attouchements envers le jeune Edselias. Celui ci trouve du réconfort dans la violence. La rencontre d'Ed et d'Aiden, un jeune gothique au passé lui aussi douloureux, va changer sa vie. Les deux compères deviennent un couple d'assassins et décident de créer un groupe de tueurs réunis par leur soif de vengeances des persécuteurs qui ont fait de leur vie un enfer.

Je vais commencer par parler de l'objet livre car il y a une chose qui m'a déplu et une que j'ai bien aimé au contraire.

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J'ai très peu de romans dans ce cas mais personnellement je n'aime pas retrouver le nom de l'auteur ou le titre du livre que je lis en haut de page. Je pense savoir ce que je lis et ce genre de présentation ne me plaît pas forcément. J'avais dit, ce n'est qu'un détail.

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Au contraire, les bas de pages sont bien représentés avec ce petit dessin simple et efficace. J'adore la couverture tout à fait dans l'esprit du roman. Je ne vous dirais pas pourquoi mais il fait référence à un endroit très important pour Ed et j'adore l'effet donné à ce dessin.

Verdict: j'en suis à ce moment où je dois donner mon avis sur le roman en lui-même. J'en suis encore à me demander si j'ai aimé ou pas. Ce roman vous prend là où vous ne le pensiez pas possible et je pense qu'il ne me lâchera pas avant un bon moment.

Tout d'abord, j'ai adoré l'écriture de l'auteur. Simple et efficace, elle nous fait entrer directement dans la tête d'Ed et nous relate ses actes et ses pensées de façon simple et précise.

Ce n'est pas une lecture difficile en soi. J'ai même enchaîné les chapitres assez vite. Je m'imprégnais peu à peu de l'histoire et suivais les débuts et la descente aux enfers d'un tueur sanguinaire avec intérêt. Mais dès que je lâchais le livre et que je commençais à repenser à ce qui était écris je me sentais perdue. J'ai apprécié un tueur en série sans scrupules. L'auteur réussit le tour de force de nous faire aimer ce personnage qui nous aurait semblé odieux en temps normal. Quitter Edselias a été un crève-coeur car je me suis attachée à lui.

Et là, je commence à y repenser et me dis "mais c'est un monstre. Pourquoi l'aimer autant comme un héros?". Il a beau tuer sans merci il en reste attachant. On comprend ses choix et on les accepte même s'ils sont abominables.

Je trouve que la fin est un peu bâclée. Peut-être parce que je ne voulais pas quitter ce groupe et qu'arriver à la dernière page était trop dur ou parce que tout va trop vite à la fin. J'avais envie de hurler "non mais çà ne peut pas se finir ainsi, pas si vite". L'auteur a créé tout un univers qu'elle nous fait quitter brutalement, même si la fin est ouverte et donne froid dans le dos il me manque quelque chose.

Au niveau du sanglant en lui-même il y a 3 scènes assez violentes et c'est tout décrites dans le roman. Dans l'ensemble du récit on assiste surtout à leurs interactions et relations. On sait qu'ils tuent mais on ne sait pas combien de personnes ou comment. Ce n'est pas le but du roman.

Je suis en train d'effacer et réécrire car j'en suis encore à me demander ce que j'ai réellement ressenti à ma lecture. Il est vraiment très perturbant d'éprouver de la sympathie pour une personne qu'on est sensé haïr. Pour toutes ces raisons je peux dire que j'ai adoré ma lecture car il a su me bousculer dans mes certitudes et je repenserais à ce roman dans plusieurs années encore.

Edselias a su me toucher par son enfance difficile, sa vie de lycéen classique, la découverte de son orientation sexuelle, les premiers émois amoureux, la découvert de l'Amour, les premiers pas dans la violence et dans le meurtre et petit à petit la descente aux enfers à laquelle on assiste impuissants. On voit tous les stéréotypes nous disant "oui il est comme cela à cause de...". On y parle beaucoup de sa vie misérable, de son amour pour un jeu vidéo hyper violent, de ses déceptions familiales ou sentimentales qui pourraient être le déclencheur de sa violence mais non, il est comme cela et c'est tout. Il l'accepte et le vit pleinement.

A aucun moment je n'ai voulu que son destin dévie. On assiste à des moments heureux ou malheureux qui forgent son destin peu à peu. Nous sommes spectateurs et le restons jusqu'à la fin. Son destin est en marche quoi qu'on décide et on le sait dès le début.

Même si je m'attendais en fin de compte à bien pire, je recommande à un public averti car ce roman s'immisce peu à peu dans les tréfonds de notre cerveau et va avoir du mal à en être délogé. Donc, oui en conclusion j'ai adoré ce roman atypique mais je n'en demanderais pas une suite car il se suffit pleinement à lui-même.

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Je vous met tous les liens pour la maison d'éditions car elle vaut le coup qu'on la connaisse par ses petites pépites. J'ai 3 autres romans qui attendent dans ma PAL et j'espère pouvoir les découvrir très vite.

Salut et à demain.